14.08.2006
Cabanes de Nanambiiki en Amazonie
Crapahuter dans la jungle et y observer sa faune et sa flore, descendre l'Arajuno en pirogue, se laisser flotter au gré des vagues des rios: autant de promesses tenues et de bonheurs vécus au sein du poumon de la planète. Restaient les conditions de logement. Humidité, moustiques, nuits agitées firent un temps, il faut bien se l'avouer, partie des principales préoccupations de certains. Pas que nous ne désirerions pas coucher dans les conditions maison! Mais dans un environnement aussi particulier, l'Homme occidental se voit fortement handicapé par un bagage confort propre à son environnement, soit-il rural ou urbain.
Et quelle ne fut pas notre surprise de nous voir infliger un tel niveau de confort (pardon pour ce mot un peu antinomique avec l'esprit du voyage) ! L'humidité? Bien au contraire de l'ile de Bonnaire (ancienne colonie néerlandaise dans les Caraïbes où notre avion fit escale) nous ne souffrîmes pas de ces taux d'humidité qui vous rendent l'air irrespirable. Les moustiques? L'excellent répulsif naturel que représente la fumée dégagée par les termites-au-feu nous prémunit de tels désagréments. Les nuits? Comment ne pas s'endormir paisiblement au son de la jungle et à la lumière des lucioles?
Le niveau d'installation des cabanes de Nanambiiki est assez bleuffant. Sous le toit de la première "maison" qui vous acceuille: salle de vie (coin repas pouvant acceuillir plus de vingt personnes) et de repos (hamacs), cuisines, sanitaires (il y a même des douches!) et chambres (4 ou 5 lits doubles). Cerise sur le gâteau, le lieu est décoré avec beaucoup de goût. Si ce n'est ce gros bus venu se garer presque dans la salle de repas, difficile de faire mieux dans un endroit comme l'Amazonie, somme toute hostile à première vue. Le soin apporté à la préparation des petits-déjeuners et des dîners est incomparable. Les piques-niques préparés par Nolwenn et son équipe rivalisent d'originalité (voir par ailleurs "Equateurs: les photos"). Inutiles de dire que la communauté cultive ses propres produits et que tout est made in Ecuador. Mais l'hébergement n'est pas l'apanage principal de Nanambiiki: nous faire visiter la jungle, nous exposer ses caractéristisques et ses richesses (médicinales, écologiques, nutritionnelles) et les enjeux politiques qui prédominent, mettre en lumière son rôle non seulement local mais aussi planétaire, nous initier à des pratiques telles que la chasse (maniement de la sarbacane), l'utilisation du tami pour rechercher de l'or, ou encore nous conter les histoires d'antan sont autant d'expériences partagées avec nos guides. Culture orale et empirique, nous voici désormais garants et presque responsables d'une infime partie du savoir incommensurable que se transmettent oralement les indigènes.
Nolwenn, César et la communauté ont bien compris l'importance de l'enjeu. A la lumière de la communauté d'Alphonse à Chilcapamba, l'objectif numéro un est de garantir la pérennité de la présence des indigènes dans leur région originelle. Assoir et faire découvrir la culture de ce peuple en est un autre. Autre priorité: limiter dans la mesure du possible le développement des multinationales pétrolière en faisant barrage au souillage de la forêt, en d'autres termes au massacre écologique qui s'y déroule pour le bien-être des occidentaux. Voilà sans doute de loin l'objectif le plus important mais surtout le plus difficile. Il faut bien se le rappeler, l'or noir n'a pas qu'un prix exhorbitant à la pompe: les premiers à payer les conséquences sont les pays en voie de développement. Les conséquences sur l'environnement local et planétaire ne se font-elles pas déjà sentir? Le site de Nolwenn contient des photos de déchets qui nous rappellent combien la situation est préoccupante.
En outre, il a fallu et faut encore faire un gros travail de sensibilisation auprès des autochtones qui (comme expliqué dans "Equateur: souvenirs") ne saisissent pas toujours le combat de César. Shématiquement, refuser l'argent sonnant et trébuchant des multinationales lorsque l'on est extrêmement pauvre est presque de l'ordre du suicide pour certains. Saisir les conséquences sur l'environnement ne sont pas évidentes non plus tant que des preuves irréfutables ne viennent convaincre la majorité, le manque d'instruction l'expliquant partiellement.
Le travail de gens comme Nolwenn, César et leurs acolytes n'est pas vain. Mais sans un comportement responsable de chacun, il tend à se fragiliser. L'expérience auprès de ces gens nous a tous enrichi, c'est indéniable. Et il est bon de savoir que nombreux sont ceux qui se battent pour préserver notre planète. Et lorsque l'on a vu les yeux des enfants des différentes communautés à l'entour, difficile de se comporter autrement.
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QUELQUES PHOTOS DU SITE
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15:00 Publié dans Voyage | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note









Commentaires
merci pour les commentaires lors du voyage et maintenant pour les photos
le club DUJACDOHOLERLOCH
Écrit par : Francis et Sylvie | 25.08.2006
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